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Pourquoi je crée Maxline Studio.

8 min de lecturePar Maxence

Il y a un trou évident sur le marché français de la traduction vidéo. Voilà comment je suis tombé dedans, et pourquoi je décide de m'y attaquer seul.

Le déclencheur

Il y a six mois, une amie créatrice — disons Léa, 27 ans, 25 000 abonnés sur YouTube, ambition d'ouvrir une audience anglophone — me racontait son dernier dimanche. Elle avait passé quatre heures à traduire à la main les sous-titres d'une vidéo de douze minutes. Le lundi matin, elle a publié la version anglaise. Le lundi soir, elle avait 200 vues dessus. Elle a calculé : à ce rythme, traduire ses vidéos lui coûtait plus de temps que de les filmer.

Elle a regardé ce qui existait. HeyGen à 29 $/mois mais l'interface anglaise, les voix clonées, la complexité ; trop cher, trop gros pour son besoin. Rask AI à 60 $/mois, même constat. Captions à 10 $/mois mais TikTok-only et anglophone. CapCut gratuit mais le rendu fait amateur et l'export pour DaVinci n'existe pas. Un freelance de Fiverr à 50 € la vidéo, délai 48 h, qualité aléatoire.

Elle m'a dit, mot pour mot : « il manque un truc simple, en français, qui me sortirait des .srt propres pour 10-15 € par mois. »

J'ai cherché ce truc. Il n'existait pas.

Le trou de marché

Le marché mondial de la traduction vidéo IA est passé de 2,68 milliards de dollars en 2024 à un projet de 33,4 milliards en 2034 — un taux de croissance annuel composé de 28 %. C'est une vague. Mais sur le segment qui m'intéresse — les créateurs solo francophones — il y a cinq trous distincts que je n'ai vus comblés par personne.

Un : aucun outil sérieux n'est français-first. L'interface, le support client, la documentation — tout est anglophone. Pour une créatrice qui passe déjà sa journée à traduire, c'est une friction de plus.

Deux : aucun ne sort de fichiers .fcpxml ou .xml propres pour les monteurs sur DaVinci ou Premiere. Les concurrents partent du principe que tu vas exporter ta vidéo finie depuis leur plateforme, avec leur style de sous-titres. Sauf que la plupart des créateurs sérieux montent eux-mêmes, dans leur logiciel, à leur sauce.

Trois : personne ne propose un tarif solo honnête entre 8 et 15 €/mois, sans piège. C'est soit gratuit-mais-pourri, soit cher-pour-équipe.

Quatre : le ton de l'auteur n'est jamais préservé dans la traduction. Une créatrice qui parle « cash » en français se retrouve avec un anglais lissé, neutre, corporate. Sa voix disparaît dans la traduction.

Cinq : il n'y a pas de support client humain en français. Tu envoies un email, tu reçois un template anglais 72 h plus tard, généré.

Cinq trous. Sur un marché qui multiplie par douze en dix ans. Et le profil cible — créateur FR à 5-50k abonnés — est précisément celui qui passe sous le radar de tous les outils en place, qui visent soit la masse TikTok soit l'entreprise.

Ce que Maxline est

Une seule chose, bien faite. C'est tout. C'est sec à dire mais c'est la promesse : transcrire le français, traduire en anglais, sortir des sous-titres propres exportables vers les logiciels de montage — point.

Au MVP : exports .srt, .vtt et MP4 avec sous-titres incrustés. En version 1 (3 à 6 mois après le MVP) : ajout des exports .fcpxml pour DaVinci Resolve et .xml pour Premiere Pro.

Le tarif : 12 €/mois pour 120 minutes de vidéo traitée, ou des packs de crédits (8 €, 22 €, 55 €) sans expiration pour les usages occasionnels. Première vidéo gratuite, 5 minutes, sans carte bancaire demandée. Annulation en deux clics. Pas de clause d'engagement de douze mois, pas de augmentation tarifaire surprise (clause grand-père pour les premiers inscrits).

Ce que Maxline n'est pas, et ne sera jamais

La discipline du non est plus importante que celle du oui. Voilà ce que je refuse de construire, et pourquoi.

  • Pas de doublage avec voix clonée au MVP. C'est techniquement faisable (ElevenLabs API, ~0,30 €/min) mais éthiquement bordélique et concurrentiellement perdant face à HeyGen. Peut-être en v2 si la demande est massive. Peut-être pas.
  • Pas de lip-sync deepfake. Jamais. Coût GPU prohibitif, qualité encore médiocre, problème éthique réel (consentement, désinformation). Ce n'est pas notre métier.
  • Pas d'éditeur vidéo intégré. Jamais. C'est un autre métier, fait par d'autres outils (DaVinci, Premiere, CapCut). On exporte vers eux, on ne les remplace pas.
  • Pas d'app mobile native avant la version 3. La landing et l'app web sont responsives dès le MVP, ça suffit pour 95 % des usages.
  • Pas de plan gratuit illimité. Une version gratuite illimitée serait soit subventionnée par les payants (injuste), soit financée par la pub ou la revente de données (impensable). La première vidéo gratuite de 5 minutes est là pour montrer la qualité, c'est tout.

Pourquoi 12 €/mois et pas plus

J'ai passé six heures à itérer sur le pricing avant de poser ce chiffre. Voilà la logique brute.

Le coût variable par minute traitée, en self-hosted pur (Whisper transcription + OPUS-MT traduction sur Oracle Cloud Free), est proche de zéro. Maximum 0,015 € en cas de bascule cloud sur des pics. Avec 120 minutes incluses à 12 €, la marge brute est de l'ordre de 96 %. C'est confortable sans être indécent.

À 7 ou 9 €/mois je serais en concurrence avec Captions (qui a une app mobile excellente et un budget marketing énorme) et je n'aurais aucune marge pour absorber les utilisateurs intensifs. À 19 ou 24 € je me retrouverais dans le territoire de Rask et HeyGen, en face de produits plus matures, sans différenciation prix.

12 €/mois, c'est le point qui dit « c'est sérieux, mais c'est juste ». C'est le prix d'un abonnement Spotify Premium. C'est ce que ma cible accepte de payer sans réfléchir.

Comment je vais construire ça

Seul. Pas par héroïsme, par contrainte : je n'ai pas le budget pour embaucher, et je n'ai pas envie de co-fonder avec quelqu'un que je connaîtrais mal. La stack a été choisie pour qu'un humain seul puisse l'opérer : Next.js sur Vercel, Supabase pour l'auth et la base, Cloudflare R2 pour le stockage des fichiers, et un worker Python sur Oracle Cloud Always Free pour Whisper et OPUS-MT.

Le coût fixe d'exploitation au démarrage : 0 €/mois. Le seuil de rentabilité opérationnelle : un client payant. Ça change tout. Ça veut dire que ce projet ne peut pas faire faillite, et donc qu'il peut prendre le temps de bien se construire au lieu de courir après la prochaine levée.

Le plan d'exécution est en 90 jours, jour par jour, avec des critères de succès chiffrés à mois 3, mois 6 et mois 9. Si à mois 9 j'ai moins de 80 clients payants, je m'assois une semaine pour décider si je continue, si je pivote, ou si je pause. C'est documenté, c'est public, c'est ce qui m'évitera de m'entêter sur un truc qui ne marche pas.

Ce que je promets, ce que je ne promets pas

Je promets de construire en public — code, décisions, chiffres bruts, doutes. Je promets une suppression automatique des vidéos à J+30 après traitement. Je promets que tes données ne serviront jamais à entraîner un modèle d'IA. Je promets un support humain en français, sous 24 h. Je promets que si je dois augmenter les prix un jour, les premiers inscrits garderont le tarif d'origine — clause grand-père, écrite dans les CGV.

Je ne promets pas que ça va marcher. Je ne promets pas une qualité de traduction parfaite — la machine n'est pas humaine, et l'édition manuelle restera toujours utile pour les nuances. Je ne promets pas un MVP sans bug. Je ne promets pas que je ne ferai pas d'erreurs.

Mais je promets de les dire quand je les ferai. Et de les corriger.

La suite

La landing pré-lancement est en ligne. Le MVP sort dans environ huit semaines. Entre les deux, je vais :

  • Interviewer 8 créateurs français qui correspondent au persona Léa et Tom, pour valider mes hypothèses avant d'écrire la première ligne de code produit.
  • Mettre en place le worker Python sur Oracle Cloud Free, faire tourner Whisper et OPUS-MT en self-hosted, mesurer la qualité de bout en bout sur 20 vidéos test francophones.
  • Construire le MVP en 7 semaines : auth, upload, pipeline, éditeur sous-titres, exports, paiement Stripe, dashboard.
  • Ouvrir une beta privée à 30 testeurs, deux semaines avant le lancement public.
  • Lancer publiquement un mardi, sur Product Hunt, X, LinkedIn, Reddit, simultanément.

Si tu veux suivre tout ça — les bons jours et les mauvais — je raconterai chaque étape ici dans le journal, plus quelques posts X / LinkedIn. Tu peux aussi t'inscrire à la waitlist sur la page d'accueil, je préviens par email au lancement.

Merci d'avoir lu jusqu'ici.
On se reparle bientôt.

— Maxence